Dans les hôpitaux, chaque prise en charge d’AVC génère une grande quantité de données : examens, comptes rendus, observations cliniques, parcours de soins… Ces informations sont essentielles pour comprendre et améliorer la qualité de la prise en charge des patients.
La Haute Autorité de Santé (HAS) définit des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS), utilisés notamment pour évaluer la prise en charge des AVC. Mais ces indicateurs reposent encore largement sur des audits rétrospectifs de dossiers patients, nécessitant une extraction manuelle des informations.
Chaque évaluation peut nécessiter de revoir de nombreux dossiers un par un, mobilisant du temps médical et paramédical important. Un processus utile, mais lourd, qui limite la fréquence et la rapidité des évaluations.
L’objectif des travaux menés par les équipes associant le Pr Eric Jouvent de l’AP-HP, le CHU de Bordeaux et le CHU de Lille, avec la HAS, est clair : utiliser les entrepôts de données de santé hospitaliers pour automatiser une partie de ces indicateurs.
Concrètement, il s’agit de transformer des données déjà produites en hôpital en outils de pilotage de la qualité, plus rapides et plus réguliers.
Quels indicateurs sont mesurés pour l’AVC ?
L’étude s’intéresse à des indicateurs très concrets du parcours de soins, par exemple :
- le délai entre l’arrivée du patient et la première imagerie cérébrale
- le délai avant l’avis d’un spécialiste neurologue
- le délai avant la prise en charge en rééducation
Ces indicateurs permettent de vérifier que le parcours de soins est rapide et conforme aux recommandations médicales.
Ce que montre l’expérimentation
Les résultats sont encourageants :
- il est possible de construire des indicateurs AVC automatiquement à partir des données hospitalières
- certains indicateurs peuvent être produits plus rapidement et plus régulièrement qu’avec les méthodes classiques
- les résultats peuvent être restitués plus fréquemment aux équipes médicales pour améliorer leurs pratiques
Une transformation progressive de la qualité des soins
À travers ces travaux, portés notamment par des cliniciens comme le Pr Eric Jouvent à l’AP-HP, une évolution se dessine : passer d’une évaluation ponctuelle et manuelle de la qualité des soins à un suivi plus continu, basé sur les données déjà produites par les hôpitaux. Une transformation progressive, mais structurante, qui pourrait à terme changer la manière dont la qualité des soins est mesurée, comprise et améliorée.