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Entrepôt de Données de Santé – AP-HP

Orchidée : l’EDS AP-HP au cœur de la surveillance épidémiologique nationale

Comment savoir rapidement si une épidémie provoque davantage d’hospitalisations, ou si une nouvelle menace sanitaire commence à émerger ? C’est tout l’enjeu du projet européen Orchidée, piloté par Santé publique France. Depuis 2025, les équipes de l’Entrepôt de Données de Santé (EDS) de l’AP-HP y contribuent activement, avec un premier résultat concret : la production et la transmission hebdomadaire d’indicateurs de surveillance pour les 37 établissements de l’AP-HP (hors HEGP).

Un maillon manquant dans la surveillance sanitaire

La crise du Covid-19 l’a montré : pour suivre une épidémie et adapter la réponse sanitaire, il faut disposer rapidement d’informations fiables. La France dispose déjà de plusieurs systèmes de surveillance – passages aux urgences, consultations de ville, maladies à déclaration obligatoire, données de laboratoires, mortalité.

Restait un maillon plus difficile à observer de manière globale et réactive : ce qui se passe à l’intérieur des hôpitaux, au-delà des seuls services d’urgence. C’est ce que le projet Orchidée doit contribuer à combler.

Orchidée en bref

Coordonné par Santé publique France, Orchidée (Organisation d’un Réseau de Centres Hospitaliers Impliqués Dans la surveillance Epidémiologique et la réponse aux Emergences) réunit 26 centres hospitaliers, le Health Data Hub, l’Université de Bordeaux et l’École des hautes études en santé publique. L’AP-HP en fait partie.

Lancé en octobre 2024 et cofinancé par la Commission européenne (programme EU4Health), le projet dispose d’un budget total de 15,3 millions d’euros, dont 9,2 millions apportés par l’UE, pour une durée de quatre ans, jusqu’en septembre 2028.

Son principe : ne pas créer de nouvelle saisie pour les professionnels de santé, mais réutiliser les données déjà produites dans le cadre du soin, via les entrepôts de données de santé, à des fins de surveillance épidémiologique. Les indicateurs produits localement par chaque établissement sont ensuite transmis à Santé publique France, qui les centralise, les analyse et les restitue, notamment via EpiPulse, le portail européen de surveillance des maladies infectieuses.

 

 

Ce que l’EDS AP-HP a livré

Le premier terrain d’expérimentation d’Orchidée concerne les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS). Après la définition d’une première liste d’indicateurs fin 2024 et deux vagues de travail en 2025, l’AP-HP est passée d’un premier produit opérationnel de surveillance (automne 2025) à une production en routine.

Concrètement, les équipes EDS ont livré les indicateurs IRAS attendus pour l’ensemble des 37 établissements de l’AP-HP (hors HEGP). Ces indicateurs sont désormais transmis automatiquement, chaque semaine, à Santé publique France.

Sur le plan technique, cette production s’appuie sur le référentiel commun retenu par l’ensemble du réseau Orchidée. Les équipes EDS ont mobilisé cinq tables : patients, décès, séjours, mouvements intra-hospitaliers et diagnostics, pour reconstituer, à partir des données du PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d’information) et de données cliniques complémentaires, les parcours pertinents pour la surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS).

Le dispositif distingue trois niveaux de cas selon la fiabilité et l’origine du diagnostic : un cas spécifique, lorsque l’infection respiratoire est codée comme diagnostic principal dans le PMSI ; un cas sensible, lorsqu’elle apparaît en diagnostic principal ou associé ; et un cas réactif, lorsqu’elle est identifiée à partir de données cliniques recueillies dans le DPI (Dossier patient informatisé). Trois populations sont suivies en parallèle : les hospitalisations, les passages en unité de soins intensifs et les décès survenus pendant l’hospitalisation.

Chaque semaine, l’EDS AP-HP calcule ainsi le nombre de cas identifiés et leur proportion au sein de chacune de ces populations, avec une stratification par tranche d’âge et par sexe de naissance.

Cette contribution place l’AP-HP parmi les établissements moteurs du dispositif national, à une échelle particulièrement significative compte tenu du nombre d’établissements couverts.

Et après ? Une surveillance appelée à s’élargir

Orchidée a été conçu dès l’origine comme un dispositif multi-thématique. Cinq domaines sont visés à terme : infections respiratoires aiguës sévères, infections bactériennes sévères, infections associées aux soins, résistance aux antibiotiques, et arboviroses (maladies transmises par moustiques ou tiques).

En 2026, parallèlement à la consolidation du dispositif IRAS, des travaux d’instruction démarrent sur les infections associées aux soins, pour étudier comment les données hospitalières pourraient en améliorer la surveillance.

L’EDS de l’AP-HP est d’ores et déjà mobilisé pour l’intégration des données de microbiologie, prérequis indispensable au calcul des indicateurs à venir.

Une contribution utile à l’échelle nationale et européenne

Avec 37 établissements couverts (hors HEGP) et une transmission hebdomadaire automatisée, l’EDS AP-HP démontre la capacité de l’entrepôt à produire, en routine, des indicateurs de santé publique fiables et réutilisables au-delà des seuls besoins internes de l’institution. Une illustration concrète de la valorisation secondaire des données de soins, au service de la détection précoce des menaces sanitaires.

 

En savoir plus : https://www.santepubliquefrance.fr/projet-orchidee-organisation-dun-reseau-de-centres-hospitaliers-impliques-dans-la-surveillance 

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